dimanche 18 juin 2017

Question du jour [MàJ : réponse]

Niveau : intermédiaire

La question du jour est la suivante : pourquoi les îles froides sont-elles appelées ainsi ?

A vos claviers !

Les cartes IGN des Iles Froides encadrées à la Résidence

Mise à jour : réponse

Voici un extrait de l'étude du Colonel Gentil de 1957 consacrée à l'archipel, dans la section relative à l'histoire des îles (page 22) :

Le 22 janvier au matin, Marion et Crozet aperçurent dans le Nord le profil de deux caps que Crozet dessina ; c'était encore une île nouvelle. [...] Les caps appartenaient sans aucun doute à l'île appelée aujourd'hui "île aux Cochons".[...] Quant aux autres îles, il s'agissait certainement des "Pingouins". 

La journée du 22 s'acheva donc dans le calme. Par contre, le mauvais temps du 23 ne permit aucune observation et on n’aperçut la terre que de façon intermittente. Cependant, alors que la brume rendait la visibilité plus que précaire, la température s'abaissa subitement de plusieurs degrés et un énorme iceberg de plus de 200 toises [1 toise = 1,949m] frôla les navires de l'expédition sans heureusement leur causer aucun dommage. Alors, très à propos Marion décida de donner à sa découverte le nom d'îles froides.

En faisant quelques recherches, nous avons retrouvé cette explication dans ce portrait consacré à Julien Crozet : http://www.port-louis.org/crozet.html

Après une réparation de fortune, les deux bateaux naviguèrent dans le froid, le brouillard, le vent et la pluie et longèrent deux îles que les matelots, dans la frayeur provoquée par la rencontre d'un énorme iceberg, appelèrent Îles Froides. Il s'agit des actuelles île aux Cochons et île aux Pingouins.

Le voyage de Marion et Crozet - Source : http://www.port-louis.org/crozet.html
 
Comme l'a remarqué Isabelle, le guide des toponymes livre quant à lui une autre explication : "lors de la découverte, le froid avait paru d'autant plus intense que l'habillement des marins n'avait pas été prévu pour les conditions locales".

L'explication définitive reste donc à trancher !


vendredi 16 juin 2017

Ile de l'Est du jour

L'île de l'Est enneigée est toujours un régal pour les yeux, tantôt illuminée par un rayon de soleil, tantôt couverte par un grain, ou même un arc-en-ciel comme hier. Il a bien neigé ces derniers jours, et cela se voit !

Photo : Régis GLIERE

Par ailleurs, ce soir aura lieu sur le district la soirée-débat qui va clôturer deux semaines et demi de campagne. L'élection du ou de la Onz'Cro aura lieu dimanche soir, comme sur les autres districts. Sont candidats cette année trois hivernants, représentant leur parti respectif :

- le CHO : / Candidat : Denis 

Photo : Benoît VALLAS
 
- le FARC / Candidate : France

Photo : Denis MICHAUX




- le FLNC / Candidat : Grégory

Photo : Julie TUCOULET

Plus d'informations sur la Mid seront données dans quelques jours  !

mercredi 14 juin 2017

Photo de la semaine

La photo de la semaine nous a été envoyée par le commandant du Nivôse. Elle a été prise devant la Baie Américaine, en novembre dernier, par Jean-Pierre ARCILLE, peintre officiel de la Marine Nationale.

Photo : Jean-Pierre ARCILLE

On distingue bien à gauche le Morne Rouge, et sur la droite le cirque formé par les Monts Jules Verne autour de la Baie du Petit Caporal. Entre la Baie Américaine et la Baie de la Hébé se trouvent respectivement le Rocher Pyramidal et le Cap de l'Antarès.


D'après le guide des toponymes, un morne désigne en créole antillais une "petite montagne ronde isolée. Il s'agit ici d'un petit cratère égueulé comportant un petit lac perché. Cette falaise rouge est signalée par Sir James Clark Ross (1839) sous le nom de Red Crag". Le lac en question est le fameux Lac sans nom, qu vous pouvez admirer ci-dessous.


Le Lac sans nom, en bas à droite, pris depuis le Morne Rouge - Photo : Raphaël SHEFFIELD (mission 53)

Une autre perspective depuis le sommet du Morne Rouge. On voit les caillebotis du transit qui indiquent la direction de BUS - Photo : RS

L'arrivée au Lac sans nom est toujours un moment fort du transit vers BUS, qui éblouit à juste titre les touristes du Marion Dufresne. Nous avons toujours l'impression d'y être un peu hors du monde. A noter qu'il avait été envisagé d'ensemencer ce petit lac lors des toutes premières missions, pour y développer la pêche de loisir à destination des hivernants !
 
Perspective plus large, avec vue sur la Vallée des Branloires - Photo : RS

Le Rocher Pyramidal doit quant à lui son nom, toujours d'après notre fidèle guide des toponymes, "au lieutenant de vaisseau Richard-Foy, commandant de l'aviso la Meurthe, qui fut envoyé en 1887 aux îles Crozet à la recherche des naufragés du Tamaris. C'est sous son commandement que fut dressée la première carte sérieuse de l'archipel. Le guide précise que "les instructions nautiques de 1903, p. 466 , [indiquent] : "… sur le côté ouest, un rocher remarquable, près du rivage… gris et de forme pyramidale". On le distingue bien au centre de la photo ci-dessous, toujours prise depuis le Morne Rouge.

Photo :  RS
Vous l'aurez remarqué, les noms des caps, pointes et autres baies (Gauss, Galiéni, Antarès, Meurthe, La Pérouse, Bougainville, etc.) sont tous donnés en souvenirs des navires qui explorèrent ces côtes avant l'installation d'une présence française permanente. Un prochain article narrera l'histoire de ces passages, qui permirent progressivement d'acquérir une certaine connaissance des îles de l'archipel, jusqu'à la mission du Colonel Gentil de 1957, préparant la première campagne de 1962.

dimanche 11 juin 2017

Précisions sur le poussin blanc

Il y a deux jours, nous vous faisions partager la photo du défunt "poussin blanc" dans cet article.

Il m'est revenu depuis que l'ancien DisTA nous avait fait parvenir en début de mission la photo d'un poussin empereur dit "leucique".


Photo non créditée

Il s'avère que notre poussin blanc était lui aussi leucique, une forme d'anomalie de la pigmentation liée à l'absence de cellules pigmentaires. Voici l'explication qu'un correspondant nous a fourni :


"L'albinisme est une "anomalie" génétique affectant la production de mélanine ; avec généralement l'absence totale de production de mélanine. L'absence de pigmentation (phénotype = forme blanche) est donc la conséquence d'une anomalie génétique au niveau de cette production (génotype présentant l'anomalie). Le leucisme s'en distingue par l'absence de cellules pigmentaires. Le gène codant la mélanine est bien présent (le génotype est donc OK pour le code mélanine). La mélanine est donc bien produite mais ne peut s'exprimer par l'absence (totale ou partielle) des cellules pigmentaires (phénotype = forme plus ou moins blanche, jusqu'au stade ultime de l'absence totale de ces cellules = forme blanche). Le leucisme n'affecte donc généralement pas la pigmentation oculaire, comme l'albinisme (critère de différenciation sur votre photo)."

La question restait donc de savoir si ces anomalies présentent un désavantage pour la survie. En soi, le leucisme n'affecte pas la durée de vie de l'individu. En revanche, il est possible qu'au milieu d'une masse indéterminée de poussins marrons (la crèche), le poussin puisse être repéré plus facilement par les prédateurs.

Bon dimanche à tous les lecteurs !


samedi 10 juin 2017

Photo du jour : L'Akademyk Treshnikov en Baie Américaine (1er janvier 2017)

La photo du jour, c'est l'Akademyk Treshnikov au mouillage en Baie Américaine (expédition ACE).

Photo non créditée (compte Facebook de l'expédition)

Il s'agit du navire amiral de la flotte océanographique russe, navire à capacité glace, qui a effectué un tour de l'Antarctique entre décembre 2016 et mars 2017.

Plus d'infos dans un article à venir prochainement !

vendredi 9 juin 2017

Info du jour : diffusion du documentaire "Marion Dufresne", navire des îles extrêmes"

Nous vous relayons l'information suivante, qui concerne la diffusion prochaine d'un documentaire sur le Marion Dufresne, dimanche 18 juin à 20h55 sur la chaîne France O.

http://www.francetvpro.fr/france-o/programmes/5423998

Crédit photo : Florian BAILLY
(Présentation issue du site de France Télévision)

Situés à 3 000 km de l’île de La Réunion, les archipels français de Crozet et de Kerguelen émergent de l’océan, perdus entre les 40èmes rugissants et les 50èmes hurlants. Si des colonies de manchots et de phoques résistent à leurs conditions extrêmes, aucun homme n’y réside de façon permanente. Seuls quelques privilégiés (militaires, chercheurs,…) s’y succèdent, séjournant durant de longs mois dans un environnement atypique.

Au cœur de la plus grande concentration d’oiseaux marins au monde, ils recensent, observent et questionnent la nature. Sans liaison aérienne possible, seul un navire s’aventure jusque-là pour les ravitailler. Son nom : le Marion Dufresne

Le Marion Dufresne est un bateau d’exception qui, quatre fois par an, affronte les mers les plus houleuses pour rejoindre des terres que la France met un point d’honneur à occuper et à étudier. Il est le cordon ombilical des îles subantarctiques françaises. 

Pendant 28 jours à bord, sur 9 000 kilomètres, nous suivons son équipage et ses passagers qui embarquent pour les Terres australes et antarctiques françaises et font escale à Tromelin, Crozet, Kerguelen et sur l’île d’Amsterdam.

Les réalisateurs Cécile Clocheret et François Picard nous font vivre une expérience à couper le souffle qui invite à l’exploration de territoires parmi les plus isolés au monde !

mardi 6 juin 2017

Photo de la semaine : le poussin blanc

Un drôle de poussin est né cette année :

Photo : Gilles ROMEDER

Celui-ci n'a cessé d'intriguer les manchologues, qui auraient bien aimé savoir ce qu'il allait devenir en grandissant. Est-ce que cette couleur allait perdurer ? Est-ce qu'il avait moins de chances d'être prédaté que ses congénères marrons pendant sa croissance ?

Photo : Benoît VALLAS

La question a été "tranchée" au bout de quelques semaines... puisque les pétrels ne lui ont pas laissé la chance de grandir. RIP le poussin blanc !

dimanche 4 juin 2017

Réponse : l'incident du 15 mars 1964

Et la bonne réponse était : l'incendie du 15 mars 1964. Cet incident, qui eut lieu durant le premier hivernage - les deux précédentes missions étaient des campagnes d'été uniquement - nous permet de mieux saisir ce qu'étaient les conditions de vie et de travail des pionniers.

Voici ce qu'en dit le compte-rendu officiel réalisé par le conducteur de travaux, responsable de la mise en place de l’infrastructure, Jean Léridon.

Toutes les photos d'archives ont été  transmises par X. Langlet

Il faut se rappeler que les deux premières campagnes d'été avaient eu pour but de trouver un lieu d'installation propice, qui fut rapidement identifié comme le site actuel, situé sur un plateau rocheux relativement plane et à proximité du meilleur mouillage des îles (récit d'Alfred Faure à venir dans quelques articles). A ce stade existait donc encore le camp de base provisoire en Baie du Navire (ou Crique du Navire*), duquel les matériaux étaient montés par les téléphériques jusqu'au plateau. - souvenez-vous : la piste reliant la base à la BdM fut construite seulement dans les années 80.

* La Crique du Navire est le vrai nom de ce qu'on appelle aujourd'hui par habitude Baie du Marin (cf. carte IGN), la BdM étant en réalité la Baie allant de la pointe Max Douguet à la Pointe Lieutard, et la Crique du Navire la crique située au niveau des terres.

De gauche à droite : Michel Naud (Monteur Téléphériste), Hubert Schwebel (Chef Cuisinier), Robert Barron (Mécanicien), Marcel Carrel - de dos - (Menuisier), Claude Guérineau (Plombier) et Jean Leridon (Conducteur de Travaux)

  Voici l'état du camp de base provisoire le lendemain, le 16 mars 1964, avec de gauche à droite :

- un groupe électrogène détruit
- un container bâché, mais dont le contenu est perdu
- une baraque « Arbec » bâchée, une partie du ravitaillement qu’elle contenait ayant pu être sauvée
- l’atelier de matériel et d’outillage complètement détruit
- au premier plan, un fût de vin brûlé


Ci-dessous, la bouteille de propane surchauffée et enflammée, qui a traversé la manchotière comme une fusée pour venir se planter dans la pente après avoir parcouru plus de 150 mètres.


Et la bouteille d’acétylène qui a explosé durant l’incendie :


Pour finir, voici le récit un peu plus détaillé qu'en fit 25 ans plus tard le même J. Léridon dans la lettre de l'AMAPOF du 26 juillet 1989 - aujourd'hui AMAEPF, lien à droite dans la page d'accueil du blog.

 

samedi 3 juin 2017

Photo-mystère

Voici une photo de la Baie du Marin dans les années 60. Que s'est-il bien passé ce jour là ?

Niveau : très difficile

Merci à X. Langlet pour la transmission de cette photo d'époque