vendredi 21 juillet 2017

Espèces de la semaine (3) : la mouche sans aile et le canard d'Eaton

Avant de vous présenter les deux nouvelles espèces de la semaine, une précision sur les choux de Kerguelen à la suite d'une interrogation d'une fidèle lectrice. Celle-ci nous demandait à quoi ressemblent les fruits de ces choux. France, notre agent RN, lui a répondu, et a même trouvé deux illustrations.

"Bonjour Isabelle. Les fruits du chou de Kerguelen ressemblent à de petites capsules disposées le long d'une hampe florale. En moyenne, ils mesurent 1,5cm de long pour 0,5cm de large et contiennent une dizaine de graines chacun. A maturité, les siliques (= fruits secs) vont devenir jaune-brun, sécher, puis s'ouvrir pour libérer les graines. Bonne lecture du blog. France M., agent RN."

Fruits du choux de Kerguelen - Photos non créditée



Merci France !

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Les deux espèces de la semaine sont un insecte, la fameuse mouche sans aile de Crozet, et un oiseau, le canard d'Eaton. Tous les deux sont endémiques des Australes, Anatalanta Crozetensis étant même uniquement présente sur Crozet. Il semble que dans le contexte de vent quasi continu, la présence d'ailes pourrait constituer un désavantage compétitif.
 



Bonne lecture !

mercredi 19 juillet 2017

Photo du jour : l'Ice Bar de Crozet

La photo du jour, c'est l'Ice Bar de Crozet, construction éphémère réalisée à l'occasion de la dernière tempête. Souvenez-vous : la base s'était réveillée toute blanche. Les congères ont donné de nombreuses idées à certains hivernants, dont celle-ci.

Un nouveau bar à Crozet ! - Photos : Benjamin FERLAY

Et plus besoin de frigo grâce à ce système :

Qui veut une bière bien fraîche ?

Ce bar n'a duré que le temps d'une soirée, car au réveil le lendemain, le redoux et la pluie avaient fait leur œuvre. Mais il aura été l'occasion de partager un apéritif des plus réussis !


lundi 17 juillet 2017

Nouvelle assistance sanitaire et record d'escales !

Durant la MidWinter, nous avons à nouveau eu l'occasion d'accueillir un marin en consultation médicale, appartenant à l'équipage du palangrier Saint-André

Arrivée du palangrier depuis son secteur de pêche - Photos : Régis GLIERE
Débarquement du marin pour consultation
 
Son passage sur la base aura duré trois jours, avant qu'il ne reparte sur un autre palangrier, le Cap Horn I.

Le Cap Horn I au petit matin
Départ du marin depuis le marégraphe

L'escale du Cap Horn marque le 25ème passage de navire de la mission 54 depuis l'arrivée du Marion Dufresne en août 2016, ce qui constitue d'après les spécialistes le record absolu de visites. On ne pourra pas dire que nous sommes restés trop isolés cette année ! Pendant ce temps, nos collègues d'Amsterdam ont battu eux un autre record : aucun débarquement à part les passages du Marion ...

Ces accueils en Baie du Marin ont lieu généralement tôt le matin. Les palangriers se dirigent en effet vers la base après avoir relevé leurs lignes, ce qu'ils ne font que de nuit pour éviter les interactions avec les oiseaux, et donc limiter la mortalité aviaire. Ils sont donc l'occasion de profiter de magnifiques levers de soleil lorsque le plafond nuageux le permet, ce qui était le cas lors du passage du Saint-André. Admirez plutôt :

Un disque d'abord à peine perceptible... (8h21)

... qui monte rapidement à l'horizon (8h23)
Notre belle de l'Est se réveille doucement ...


... pendant que la lune va se coucher (en haut à gauche)

Et le soleil monte à toute vitesse ... (8h27)

... 8h31...

... 8h35 ...


... faisant face à la base illuminée !

samedi 15 juillet 2017

Photos du jour

Nous devons les photos du jour à une manip' qui se dirigeait ce matin vers la Pérouse. Mais c'était sans compter sur la tempête de la nuit dernière, particulièrement venteuse, qui a créé d'importantes congères sur le chemin.

Au début, le chemin est encore praticable ... Le paysage est magnifique.

Toutes les photos sont de Benoît VALLAS (manchologue)


Admirez ce point de vue !


Malheureusement, la suite s'annonce un peu plus ardue - et cela sans compter le vent violent qui projette dans la figure un petit grésil coupant que connaissent bien les hivernants.

Au moins, ça valait le coup d'oeil !

A ce stade, les choses sont vraiment trop difficiles :


Un peu plus loin, la descente vers le Lac Perdu, plutôt raide, s'annonçait sans doute verglacée et donc très dangereuse. Les manipeurs ont donc pris la sage décision de rebrousser chemin ... ce qui nous permet de vous faire partager immédiatement ces photos magnifiques.

Bon dimanche à tous les lecteurs/trices du blog !

vendredi 14 juillet 2017

Cérémonie du 14 juillet à Crozet

C'est sous un grain très Crozétien que s'est tenue aujourd'hui la traditionnelle cérémonie du 14 juillet devant le mât des couleurs. L'occasion d'une dernière réunion du détachement en tenue, pour une revue des troupes avant la montée des couleurs et l'hymne national.
 

Arrivée de l'autorité - Photos : Denis MICHAUX

Gros plan sur le détachement au garde-à-vous


Passage en revue des troupes


Montée des drapeaux et Marseillaise
 
Quelques courageux spectateurs ont même osé braver les éléments !



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 La classe !











mercredi 12 juillet 2017

Espèces de la semaine (2) : Choux de Kerguelen et Albatros Fuligineux

Cette semaine, nous vous présentons deux nouvelles espèces : le fameux choux de Kerguelen et l'Albatros fuligineux. Bonne lecture !



Stations de choux de Kerguelen suivies par les agents RN - Photos : France MERCIER



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Albatros fuligineux - Photos : Alexandre CORBEAU


lundi 10 juillet 2017

Fête de la nature - Résultats du concours photo

Vous vous souvenez peut-être de cet article qui vous présentait l’organisation et le déroulement de la journée de la Fête de la nature organisée sur Crozet. Nous vous y indiquions la tenue d'un concours photo, autour de trois thèmes ("paysage entre terre et mer", "paysage de colonies", "portrait d'oiseaux ou de mammifères marins").

Le jury s'étant tenu fin juin, les résultats en sont tombés la semaine dernière. Ceux qui suivent les actualités des TAAF sur le site les connaissent déjà, mais  nous avons la fierté de présenter les photos sélectionnées et gagnante à l'attention des autres.

France, notre agent RN, a non seulement remporté le prix de la catégorie 3, mais également le prix de la meilleure photo toutes catégories réunies ! Bravo à elle !

Action  et inaction - France MERCIER


Par ailleurs, Crozet s'est classé à deux reprises dans les neuf photos finalistes (trois par catégories), avec ces photos de Benoît, manchologue. Félicitations à lui également !

Arrivée sur Crozet (Cat. 1) - Benoît VALLAS
 
Lever de soleil sur la colonie de manchots (Cat. 2) - Benoît VALLAS

Au-delà, le concours photo a été l'occasion pour de nombreux hivernants de sélectionner leurs meilleures productions, dont nous vous présentons quelques extraits ci-dessous.

Jardin Japonais (Cat 1) - Photo : Adrien DABET (Géner)

Bonbon cracheur (Cat. 3) - Photo : Anne-Claire BARETS (médecin)

Sommet mystique (Cat. 1) - Photo : Simon OLLIVIER (Informaticien/Magné-Sismo)

Tropicalis (Cat. 3) - Photo : Frédéric HEFFNER (Chef centrale)

Regard sur le large (Cat. 3) - Photo : Nicolas MOULIN (ornithologue)
 

Plus d'informations ici : http://www.taaf.fr/Fete-de-la-Nature-2017-et-concours-photo-interdistrict-dans-la-reserve-naturelle-des-Terres-australes-francaises


Récit de la 1ère campagne à Crozet (3/3)

Fin du récit d'Alfred FAURE (3/3)



Pendant tout le séjour, la vie du camp eut le caractère routinier des entreprises bien rodées, où aucun incident, aucune déficience ne viennent perturber le déroulement du programme.

Le cadre naturel de notre vie était assez peu agréable. Seul des ornithologistes amoureux des créatures ailées peuvent s'accommoder sans maugréer du bruit et de l'odeur d'une colonie de cent mille manchots et des quelques dizaines de prédateurs qui vivent aux dépens de la rookerie. Nous piétinions un sable chargé d'excréments. Pour ne pas déranger la faune, nous prîmes quelques précautions et je crois que notre présence ne causa aucune gêne aux oiseaux, la réciprocité n'étant pas vraie.

Certains prédateurs, les skuas, devenaient même les hôtes de notre table. Délaissant les manchots, une quarantaine de skuas venus d'un peu partout se chargeait de la consommation des restes de nourriture. Après notre départ, le retour de ces rapaces à des nourritures traditionnelles a dû être éprouvant pour les manchots.

Le site du camp manquait de dégagements et l'espace hors d'atteinte des eaux était très réduit : environ 6.000 m2. Les deux rives, hautes de 120 mètres, écartées de 200, nous encageaient. Chaque rive était couverte d'une végétation qui fixait le sol détrempé. Même sur ces pentes raides existaient des zones marécageuses, l'on entendait l'eau courir sous des voûtes d'herbe rase. Ces deux rives étant le chemin d'accès obligatoire vers l'intérieur de l'île, chaque sortie débutait par une pénible ascension. L'étroite vallée, plutôt la gorge, qui s'enfonçait dans l'intérieur, était un cul de sac où l'on venait buter sur un ressaut de grande hauteur que la rivière du Camp franchissait en une belle cascade.

Les torrents qui drainent l'île sont riches en cascades de toutes hauteurs, fréquemment ils se jettent à la mer du haut des falaises ; éclaboussée sous l'action du vent, l'eau retombe rarement de haut en bas. Vue de la mer, l'île, noyée dans la brume, paraissait couverte de végétation car seules les parties basses des vallées étaient visibles. En réalité, au-dessus de 150 mètres d'altitude, la végétation n'existait plus que sous la forme de quelques mousses. L'action du froid sur le sol reste partout présente. Les phénomènes de solifluxion sont abondants et très nets, l'action du gel sur les roches est responsable de gigantesques pentes d'éboulis.

Nos activités, surtout extérieures, étaient tributaires du temps. Pendant notre séjour, il ne fut guère clément, confirmant la réputation de l'Archipel. En plus du vent fort, propre à toutes les îles du Sud-Antarctique, la quasi-permanence de la pluie, des plafonds bas ou des brouillards furent une gêne extrême pour certains travaux, surtout celui de la cartographie. Il fallut toute la bonne volonté, l'endurance physique, le savoir professionnel des cartographes de l'équipe pour obtenir le portrait exact de l'île. Malgré tout, la partie Ouest conserve quelques secrets sur sa topographie détaillée. Lors de leur randonnée, les géographes connurent d'inconfortables nuits dans des abris sous roches, les tentes ne résistant guère aux tourbillons des sommets.

Les naturalistes se trouvaient in situ pour faire leurs études car leurs incursions dans l'intérieur le montrèrent parfaitement vide de toute vie animale notable, les animaux de toute taille et de toute espèce se cantonnant sur les côtes.

Pour effectuer des mesures représentatives, les météorologistes avaient disposé leurs appareils dans la pente et sur la crête de la rive Sud : chaque observation exigeait un parcours peu agréable, surtout par mauvais temps.

Trop fréquemment le mauvais temps nous condamna à de longues journées de travail dans les baraques où le confort relatif permettait de mettre au net les observations, de rédiger des notes ou de faire de petits travaux de laboratoire.

Ces longues journées de pluie étaient égayées par les repas qui traînaient alors un peu en longueur. La discussion était gaie et animée.

Modestement et très efficacement, radio, cuisinier, mécanicien accomplirent leur tâche.

Notre docteur, sans clientèle sérieuse pendant tout le séjour, se consacra à la botanique, après avoir rapidement installé une infirmerie bien équipée en matériel et médicaments.

Les jours passèrent très vite. Nous commencions à nous créer des habitudes, l'île devenait chaque jour notre bien et nous finissions par aimer ce paysage ingrat dont nous avions baptisé le relief de toutes sortes de noms : toponymie inspirée souvent par un petit fait de la vie quotidienne ou par nos sujets de discussion.

Le navire revint nous prendre le 3 février, au soir d'une des quelques rares journées de beau temps de notre séjour. Le réembarquement se fit de nuit. A peine était-il terminé que la tempête se levait. A notre départ, le lendemain matin, l'île était dissimulée sous un manteau de brume. Rapidement le camp fut hors de vue. Nous avions laissé les clefs sur les portes avec un avis rédigé en français et en anglais à l'attention d'éventuels navigateurs, baleiniers, naufragés ou touristes. Nous les invitions cordialement à user de nos vivres et de notre cave mais leur demandions de prendre soin de notre matériel.


Le cirque aux mille couleurs
 
L’île de l’Est, vue du site retenu pour l’établissement permanent.
Le pylône anémométrique


En quittant la Possession, notre intention était de faire une visite d'une journée à l'Ile aux Cochons, surtout pour y faire une collecte de plantes et d'animaux. Pendant les six heures de route nécessaires, la tempête s'était renforcée. L'Ile aux Cochons fut détectée au radar, grâce auquel nous parvenions au mouillage. Le vent soufflait à 100 kms/heure de vitesse moyenne, avec de violents tourbillons dans le sillage de l'île, visible par intermittence dans les déchirures du brouillard.


Côte de l'Ile de la Possession vue du /S Gallieni


La tempête fit rage toute la nuit. Le lendemain matin, le navire revenait vers le mouillage, mais tout espoir de débarquer disparaissait à la vue de la forte houle brisant sur le rivage. Après quelques heures d'attente, le temps ne s'était pas amélioré ; roulant et tanguant violemment, le navire mettait le cap sur la Nouvelle-Amsterdam. Notre dernière vision des Crozet fut les îlots des Apôtres. Ces aiguilles de roche qui s'élèvent d'un seul jet à plusieurs centaines de mètres au-dessus de la mer nous laissèrent une forte impression.

D.               Résultats obtenus par la Mission à I'lle de la Possession.

La totalité du programme fixé a été réalisée. Un site a été retenu pour édifier l'établissement permanent et les moyens nécessaires pourront être définis en connaissance de cause. Le choix n'a pas été infirmé par les ensei­gnements du séjour. L'emplacement le plus favorable pour l'installation de la base permanente est sur le plateau situé au Sud de la baie du Navire qui est le meilleur point de débarquement de l'Archipel. La surface disponible permettra d'y placer des installations relativement importantes.

La carte de l'île a été dressée malgré quelques absences de détails dans la partie Ouest.

L'inventaire complet de la faune et de la flore avec collecte d'échantillons et un début d'étude écologique ont été effectués.

L'exploitation de la station météorologique a permis de préciser un peu le climat d'un été et surtout de confirmer l'importance des mesures effectuées aux Crozet pour la connaissance météorologique de l'hémisphère Sud.

La présentation des résultats détaillés fait l'objet d'études et de rapports des différents spécialistes.

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CONCLUSION

Esquisse de l'avenir des Crozet


Le financement de l'infrastructure de l'Etablissement à vocation de station radio-météorologique ayant été accordé par le FIDES, son édification débutera au cours de l'été austral 1962-1963.

La configuration et la nature du terrain sur la rive Sud de la rivière du Camp ne permettant pas la création d'une piste, il sera nécessaire en premier lieu d'y édifier un téléphérique allant de la plage de débarquement au plateau. Ce sera un véritable cordon ombilical dont les caractéristiques conditionneront le développement de la base.

A l'activité météorologique s'adjoindra plus ou moins vite celle de stations de géophysique dont l'installation est demandée depuis plusieurs années par les instances internationales.

Sur le plan économique, les perspectives paraissent nulles. L'inventaire de la faune marine reste à faire, mais nos modestes pêches ne permettent pas de supposer l'existence de fonds poissonneux exploitables.

Sur le plan de la connaissance de l'Archipel, il sera intéressant, tôt ou tard, de faire l'inventaire de la faune marine et de celles des îles de l'Est et des Cochons. Bien que peu spectaculaire pour le profane, la microfaune de l'Archipel est peut-être une clé pour la connaissance de l'évolution géologique dans l'hémisphère Sud.